Édition 2004

missions civiles d’interposition en Palestine

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Et d’abord rappeler d’où est partie cette idée de mission civile. En l’absence de réaction de la part de la communauté internationale, des citoyens du monde entier ont décidé d’organiser des missions d’interposition pacifiques en Palestine. Tout au long de l’année des citoyens se relayent en Palestine pour empêcher la destruction de maisons particulières ou de champs d’oliviers par les bulldozers de Tsahal (l’armée israélienne), pour s’interposer entre des écoliers et les militaires, réparer et protéger le générateur d’électricité de Yanoun, observer et témoigner des comportements de l’armée aux checkpoints par leur présence pacifique...

La présence permanente tout au long de l’année de missions d’interposition dans les territoires pèse aussi sur la situation au quotidien : des témoins venus du monde entier se relayent là, face à la politique d’Israël. Les témoignages de participants, parfois très durs permettent de d’appréhender la réalité d’une oppression quotidienne et par conséquence, la nécessaire solidité psychique des participants à ces missions. Certaines organisations imposent une formation de militant-e activiste sur 3 jours avant le départ.

Perception en Israël et Palestine

Il est quasiment impossible aux citoyens de type arabe de participer aux missions : perpétuellement pris pour des Palestiniens, ils subissent l’oppression israélienne de plein fouet ne peuvent s’interposer efficacement. Pour les soldats de Tsahal, « ce ne sont pas des Européens ». Les participants présents (bons blancs, donc) rapportent des réactions de Palestiniens : sans le regard extérieur des témoins européens, sidérés par la violence, l’insupportable, l’absurde, l’atroce, ils oublieraient l’inadmissible de leur situation ; le regard rend aux Palestiniens leur dignité humaine. Il s’agit aussi de mettre à bas les a priori : les « blancs » ne sont pas a priori sympathisants de la position israélienne. Témoignage d’enfants qui jettent spontanément des pierres à ces visiteurs si semblables aux agresseurs.

A l’inverse, les soldats de Tsahal, parfois seulement âgés de 17 ou 18 ans, reconnaissent dans les participants (de type européen) des égaux --dans leur échelle de valeur raciste l’arabe étant le sous-homme-- et sont gênés de la condamnation que leur manifestent leurs semblables.

Que dire alors du face-à-face entre ces jeunes soldats de Tsahal et des Juifs-ves venu-e-s des Etats-Unis dans une mission d’interposition !

Sur place, en Palestine l’important est d’être utile à la communauté. Donc, pas d’action héroïque qui pourrait générer des représailles. Chaque action, pacifique, sera discutée librement par les membres du groupe, conseillé par les responsables palestiniens. Il faut envisager plusieurs solutions... et réactions possibles de l’armée israélienne. Chacun-e est libre de participer.

Au final, l’échange a été très riche et tous se sont exprimés. Un des participants, venu pour information est intéressé pour un mission à venir.

Comment aider les Palestiniens et les missions d’interposition ?

-  créer un fond de financement pour les futures missions.
-  Diffuser de l’information sur la loi cadre qui interdit "théoriquement" aux pays membres de l’Union Européenne de conclure des transactions commerciales aidées (détaxe) avec des pays ne respectant pas les droits de l’Homme.
-  témoigner, encore et toujours de la situation.



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