Édition 2006

Est il raisonnable de s’opposer, à la fois, à une nouvelle voie TGV, à la 2X2 voies intérieure et à l’élargissement de l’autoroute ?

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Intervenants : le CADE (Victor Pachon), LEIA, et LURRAZAIN

Thèmes où les avis convergent

-  C’est une procédure imposée.
-  La mobilisation est nécessaire.
-  La logique de la vitesse de transport est réservée à une élite.
-  Il doit y avoir un débat global sur les voies de transport au Pays Basque pour fixer les limites.
-  Il y a un problème d’information, ou d’accès à l’information.

Thèmes où les avis divergent

-  Propose-t-on les mêmes alternatives ?

Proposition du CADE

Alternatives qui unissent les différentes sensibilités :

-  Un train pendulaire peut gagner 30 km/h sur les voies existantes. C’est une solution qui a déjà été réalisée aux États-Unis. L’avantage de ce train est qu’il s’adapte aux courbes. Un tel train peut aller jusqu’à 220 km/h. Le TGV peut en outre peut passer d’un système rail à un système pendulaire.
-  Le fret devient une question à traiter d’urgence dans une Europe sociale : le transport est superflu. Le coût du travail ne doit pas être différent dans les pays de l’union (conséquence : l’importance du transport au Portugal). 2000 décès/an sont dus à la pollution des camions. Il faudrait surtaxer le transport par camion et développer le train. Par exemple la restauration de la ligne de chemin de fer de franchissement des Pyrénées à Canfranc.
-  On peut optimiser le nombre de trains circulant, le tonnage transporté. On peut ainsi éliminer 7000 camions par jour.

Quelles sont les conséquences du choix de lignes grandes vitesse ?

-  On pourra travailler en grande ville et dormir au Pays basque (problème de culture et de langue).
-  En joignant les grandes villes, les villes moyennes ne sont plus desservies.
-  Politique de l’offre : elle ne tient pas compte de la qualité.

Action de Lurrazain

Face à la fréquentation de l’A63 et à l’augmentation de 10% /an du trafic de camions, la seule alternative d’ASF est d’élargir à 2x3 voies. Seulement à l’horizon 20020, on prévoit jusqu’à 5 millions de camions. Cela va être saturé très rapidement. Cela a des effets sur l’environnement : la loi sur l’eau ne pourra pas être respectée, sans compter la pollution de l’air que l’on ne peut pas estimer.

Les ASF entreprennent de racheter les terrains pour opérer cet élargissement. Les terrains sont rachetés entre 30 et 85 centimes le m². Les démarches individuelles des riverains pour négocier ce prix ont peu de résultat. Les démarches collectives peuvent aboutir à des relogements sur la commune, avec des rachats jusqu’à 200 000€/ maison. C’est ainsi que c’est crée Lurrazain, une association de défense des riverains, qui permet à chaque intérêt privé d’avoir un poids face à l’autoroute, considérée comme d’intérêt public.

Cela a crée des liens de solidarité entre gens de mêmes quartiers. Par sa communication, les réunions publiques qu’elle organise, l’association permet à chacun de réfléchir sur l’ensemble du problème plutôt que de se plaindre dans son coin, et de sensibiliser ses adhérents. Certains d’entre eux sont devenus écologistes de fait car ils subissent la pollution (notamment à Courlecou) et peuvent en parler avec d’autres. Lurrazain exerce des petites pressions mais a du mal à avoir du poids. Il est difficile pour elle de connaître certains chiffres comme la rentabilité des péages. On sait par exemple que le prochaine reconstruction du péage d’Uruugne représente 700 millions d’euros d’investissement. Qu’en est-il du projet de déplacement du péage de Biriatou ?

LEIA et la 2 x 2 voies intérieure

LEIA a été crée en 1998 pour lutter contre le projet de l’autoroute des Aldudes. Ce projet a été abandonné en 2002 pour être remplacé par une 2x 2voies entre St Palais et Arneguy. L’accord entre le conseil général des Pyrénées Atlantiques et le gouvernement navarrais prévoie côté français l’aménagement de la voie existante avec des voies de dépassement, et côté sud une voie neuve 3 voies Pampelune - Arneguy qu’ils prévoient d’élargir par la suite.

Le projet dans son ensemble de Salies de Béarn à Pampelune devrait coûter 800 millions d’euros dont 270 millions pour la partie Nord de la frontière. Avec cette somme, on pourrait percer trois tunnels côté Nord et faire une route toute neuve. La commission permanente (35 conseillers sur 52) a voté le passage de la phase 1 à la phase 2. Le texte n’a pas été rédigé. En 2003, il passait déjà 65 camions par jour.

La Navarre voudrait toucher des subventions européennes pour le projet transfrontalier, mais aujourd’hui, les fonds FEDER de l’Union Européenne sont affectés prioritairement au développement des pays entrants

Doit-on promouvoir le train plutôt que le transport routier sachant qu’il consomme de l’électricité et qu’il justifie le tout nucléaire ?

Le CADE a fait une étude comparée entre le TGV et le corail qui indique que ce dernier est de loin le plus économique et écologique. Il faut enfin savoir que la SNCF possède ses propres centrales électriques, et qu’elle produit de l’électricité en excédent (elle en vend même ) Le TGV consomme beaucoup plus, même à l’arrêt. Le problème est que le TGV essaie de concurrencer l’avion ; mais l’avion devrait coûter beaucoup plus cher en regard de l’impact désastreux qu’il a sur l’environnement.

Quel pourcentage de la population est intéressé par la vitesse des transport ?

Nous vivons sur un lieu de passage. Il faut gérer le flux grandissant. Devant la déclaration d’utilité publique de l’élargissement de l’A63, il y a peu de résistance, alors qu’au sud de la Bidassoa les militants sont plus radicaux.

Propositions

Un TGV écarte les hommes au lieu de les rapprocher. Il faut fixer les limites de course à la vitesse et aux infrastructures qui vont avec. Il existe déjà des opposants dans toutes les Pyrénées. Le débat doit être élargi pour faire évoluer l’opinion publique, que les gens comprennent les tenants et aboutissants. Pourquoi ne pas profiter du conseil de développement Pays Basque 2020 pour se faire entendre ?

Lurrazain a besoin de dépasser le cadre des riverains pour impliquer d’autres personnes et initier un débat sur le " Tout camion ". Il serait intéressant et urgent de créer une structure comme LEIA pour lutter contre l’élargissement de l’A63. Ce collectif pourrait être élargi à toutes les problématiques du transport, afin de constituer un outil de demande de référendum, pour un débat public, pour sensibiliser les décideurs, aiguiser leur esprit critique.

On peut transporter les marchandises par train sur les voies actuelles.

L’ASF et la SNCF pourraient créer une filiale commune qui gérerait le fret. Les associations doivent coexister.En 2007, avec l’ouverture des marchés de l’Europe, les opérateurs privé pourront circuler sur le réseau ferré de France. On peut aussi développer le transport maritime depuis le port de Bayonne.

Leia et le CADE ont une rancœur et n’ont pas de proposition alternative commune.



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