Ces Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne proposent un partenariat entre producteurs agricoles et consommateurs dans le but de maintenir en activité de petites exploitations. Les consommateurs s’engagent ainsi à acheter de façon régulière des produits alimentaires à des producteurs pendant une période déterminée. L’Association se charge d’organiser le système d’achats anticipés. Entre autres objectifs, la création des AMAP tend à maintenir et développer une agriculture paysanne garante de la qualité des produits vendus, affranchie de la grande distribution et respectueuse de l’environnement.
En France, en 2001, un maraîcher toulonnais, à qui un supermarché avait refusé d’acheter sa production, décida de créer son propre réseau de distribution. La première AMAP en France vit le jour dans la région PACA, à Aubagne, en 2001. Il en existe actuellement une cinquantaine en Provence et une vingtaine en Midi-Pyrénées. A l’heure actuelle, dans les Pyrénées Atlantiques, 4 AMAP sont en activité en Béarn et deux à quatre en cours de création au Pays Basque.
Cet atelier se proposait de stimuler le projet de créations en Pays Basque en diffusant des informations sur ce système de partenariat et en sensibilisant les participants à cette nouvelle façon d’associer producteurs agricoles et consommateurs urbains .
Une AMAP se crée avant tout par la volonté de consommateurs qui se regroupent en association de fait ou déclarée et recherchent des producteurs intéressés. L’association n’a qu’un rôle d’intermédiaire, de mise en contact des partenaires et ne remplit pas de fonction commerciale. Chaque association est régie par sa propre charte, inspirée de la Charte des agricultures paysannes et de la Charte des AMAP qui visent notamment le mode de production et le respect de l’environnement.
Les AMAP concernent essentiellement la vente de produits maraîchers et d’élevage. Un contrat de livraison est établi avec le producteur pour une saison d’une durée de 4 à 6 mois. En maraîchage, la livraison se fait essentiellement sous forme de paniers hebdomadaires. Les produits sont payés par des chèques établis à l’avance et encaissés par l’exploitant selon le calendrier convenu ou au moment de la livraison. Il n’existe pas d’obligation de renouvellement à la fin du contrat (environ 20% d’arrêts).
La relation entre les producteurs et leurs clients associés en AMAP ne se limite pas toujours à la fourniture des produits : des visites d’exploitation sont aussi possibles et recommandées, une aide ponctuelle à certains travaux également.
Soutien de l’agriculture paysanne par la garantie de vente et l’assurance d’écouler une partie de la production a maintien de petites exploitations, préservation d’exploitations menacées et aide à l’installation de jeunes agriculteurs.
Système de circuit court de distribution :
Alternative à l’économie de marché et à l’omnipotence de la grande distribution
Respect d’une logique équitable de prix pour consommateurs et producteurs
Lien direct et de confiance entre consommateurs et producteurs
Souci de transparence, de qualité des produits et de sécurité alimentaire
Respect de l’environnement dans les modes de production
Respect des saisons de production a moins de cultures hors sol « tueuses » de qualités nutritives et gustatives
Prise de conscience et développement de nouvelles façons de consommer
Incitation à plus de solidarité et de citoyenneté
Changement du rapport à la terre pour les citadins
Convivialité entre consommateurs au sein de l’association
Les témoignages conjoints des animateurs et des participants à l’atelier ont permis de soulever d’éventuels obstacles à la création des AMAP :
Résistance au changement dans la façon de consommer : l’esprit d’engagement et le souci de prévision liés aux AMAP peuvent entrer en contradiction avec l’impression de liberté et de facilité offerte par les supermarchés.
Dévalorisation et « folklorisation » de l’image de l’agriculteur aux yeux des citadins a incompréhension et rejet du monde agricole
Nécessaire éducation du consommateur et changement de mentalités
Les échanges au sein de l’atelier ont dégagé des axes de réflexion et d’action afin, d’une part, de sensibiliser à de nouvelles pratiques de consommation et de production et, d’autre part, d’impulser concrètement la création d’une première AMAP au Pays Basque, puis d’autres.
Le Forum Social peut jouer ici son rôle de médiateur en facilitant la mise en relation et les rencontres directes entre acteurs de pratiques alternatives ou en stimulant la synergie des actions notamment par le « produire et consommer autrement ».
Contacts pour participer au projet AMAP Pays Basque :
Jean-Pierre Ghesquière : j.p.ghesquiere@wanadoo.fr
Maïder Duguine : arrapitz@free.fr