Le syndicat ELB regroupe des paysan-ne-s qui défendent l’agriculture locale avec une certaine éthique ; c’est un syndicat qui adhère à la Confédération Paysanne, et donc qui milite pour une agriculture respectueuse de la nature, de l’environnement, des hommes (et des femmes, quand même !)
Laborantza ganbara, chambre d’agriculture alternative qui a démarré son activité le 15 janvier dernier, constitue un outil, mais pas forcément une revendication identitaire.
C’est la première fois qu’une structure professionnelle intègre des consommateurs/trices et des défenseur-e-s de l’environnement ; en effet, si l’avenir du monde paysan n’appartient qu’à lui, il n’en intéresse pas moins les « citadin-e-s ».
En ce qui concerne la chambre d’agriculture de Pau, le syndicat n’y siège plus mais demeure informé de ce qui s’y fait ou s’y décide. Cette structure officielle a refusé le débat autour de la chambre d’agriculture en Pays Basque, et c’est ce qui a motivé le départ des représentants d’ELB.
Les débats sont partis du constat de la séparation ville/campagne ; ainsi, le premier objectif énoncé a été celui d’augmenter les échanges entre villes et campagnes. En effet, les deux mondes ne se cotoient presque plus
Une autre formulation a été proposée : « quel mode de vie permettrait de sortir de la séparation ville/campagne et production/consommation ? »
Des intervenant-e-s ont souligné qu’il convient de parler de « coupure » plutôt que de séparation. Ce nouvel objectif prend en compte deux nouveaux acteurs/trices que sont les producteurs/trices et de consommateurs/trices, et introduit également l’alimentation dans le débat.
Ainsi, partant de cet objectif, diverses idées ont été lancées ; parmi elles, comment pourrait-on vivre autrement dans le système actuel, comment serait-il possible de replacer la nourriture au centre de nos vies, ou comment se nourrir dans un système non capitaliste….
L’objectif final de l’atelier a été formulé de la manière suivante : « Comment replacer la consommation et la production alimentaire comme acte politique ? »
Partant de cette idée, et sans perdre de vue la réalité locale du Pays Basque, les intervenant-e-s se sont penché-e-s sur la question de l’autonomie alimentaire.
Objectivement, elle n’est pas (encore ?) possible du fait du manque de certains produits tels les céréales ou encore les fruits exotiques. Pour certain-e-s, il conviendrait de se diriger ou de rechercher cette autonomie alimentaire, pour d’autres, il ne faut pas renoncer à manger des aliments que l’on ne peut pas produire localement. A l’appui de cette idée, il a été avancé qu’il faudrait mettre en place des échanges alimentaires et culturels, en utilisant la notion de commerce équitable.
L’aspect économique, le coût de l’alimentation, ainsi que la qualité, ont été abordés, les intervenants s’accordant pour dire que bien se nourrir coûte cher ; on peut trouver des aliments à des prix bas, mais quelles techniques de conservation utilise-t-on pour permettre de pratiquer des tels prix ?
Les « dangers » des grandes surfaces ont été évoqués, tels le fait que les consommateurs trouvent toutes sortes de produits tout au long de l’année, oubliant que dans le passé, certains aliments Face à cette problématique des prix et de la qualité, des personnes se sont demandées si un retour en arrière serait possible, vers des échanges directs (troc…) pour échapper au système actuel ; Dans ce contexte , la reprise de contacts entre producteurs/trices et consommateurs/trices s’avère indispensable, et cette idée a centralisé la fin du débat autour des alternatives villes-campagnes. Les intervenant-e-s ont imaginé différentes propositions pour resserrer les liens entre ces deux mondes qui se sont éloignés.
Il faudrait développer les marchés, dans lesquels producteurs/trices et consommateurs/trices se trouvent nez à nez, sans intermédiaires, et qui à la différence des grandes surfaces ont le mérite de proposer les produits au moment où ils doivent être consommés et sont garants d’une meilleure qualité. Il a été question également de la création de magasins paysans.
D’un autre côté, les mairies pourraient racheter des terrains pour permettre à leurs habitant-e-s de se familiariser avec l’agriculture. Ou encore, de véritables « ambassades de la campagne » pourraient être créées dans les villes et ainsi faire renouer les citadin-e-s avec le monde rural. Il a été avancé également que les mairies pourraient planter des potagers dans les jardins publics au lieu d’y mettre des fleurs. Aussi, un groupe prospectif devrait être créé au sein de laborantza ganbara pour traiter de la question.
Enfin, deux alternatives également proposées : « adopter des choux », moyen pour sensibiliser la population des villes et plus particulièrement les enfants à ce problème, et pourquoi pas, organiser des plantations sauvages dans les villes.