Nous sommes en période de transition, due à l’évolution technologique. Nous avons accès à de nouveaux outils de communication et de partage de la connaissance. De plus en plus, l’information et le savoir sont stockés, transportés, filtrés, et rendus accessibles par l’informatique.
Des groupes privés puissants, en s’assurant un monopole sur l’information, le savoir et la culture, cherchent à contrôler ces échanges et la diffusion du savoir. Par exemple, un grand éditeur de logiciels (Microsoft) a acquis un quasimonopole sur les ordinateurs de bureau des entreprises et des particuliers. Ce quasimonopole peut entraîner un contrôle de l’information (et du savoir). Le partage libre du savoir est entravé par sa marchandisation.
Le mouvement du logiciel libre apporte des idées et une alternative : des logiciels "brevetés comme appartenant à tout le monde", ou plutôt "antibrevetés". Les logiciels libres sont élaborés collectivement en se basant sur des valeurs de transparence et de disponibilité pour tous et leur code source (leur recette de fabrication) est publié au regard de tous. Petit à petit, ils remplacent les logiciels propriétaires dans presque tous les domaines.
En réaction, les grands éditeurs de logiciels tentent d’entraver la création et la diffusion de ces logiciels libres en passant par les institutions européennes : l’EUCD (European Union Copyright Directive), la directive de légalisation des brevets sur les logiciels, mais aussi la LCEN (Loi sur la Confiance dans l’Économie Numérique). Ils tentent aussi de s’établir comme standard en passant par les établissements scolaires.
Le modèle des logiciels libres ne se limite pas au domaine informatique. Il s’applique aussi à la musique, la littérature, et toutes les oeuvres de l’esprit.
Les "majors" du disque, hier incontournables, se retrouvent courtcircuités par la diffusion des oeuvres par internet. La légitimité de leur contrôle est remise en cause. Leur existence est menacée à court terme. Elles réagissent en tentant de rendre illégale la copie privée, après avoir fait prolonger la durée des droits d’auteur détenus par une société.
Un parallèle intéressant peut être fait entre le brevetage des logiciels et celui du vivant. Dans les deux cas, de grandes multinationales essaient de s’assurer une position de monopole en empêchant le libre partage du savoir. Les enjeux de l’agriculture bio sont similaires à ceux du logiciel libre. En autorisant la commercialisation des OGM agroalimentaires, on organise la dépendance alimentaire. En légalisant les brevets logiciels, on organise indirectement la dépendance culturelle. Le but est le même : accroître le contrôle des individus par quelques multinationales.
Un logiciel libre sous licence GPL garantit certaines libertés.
s’informer, faire connaître et promouvoir les alternatives libres (logiciels et oeuvres artistiques) ;
produire des oeuvres libres ;
parler aux élus et autres relais, les éduquer afin qu’ils légifèrent en connaissance de cause.