Il semblerait qu’un collectif structuré et identifié de vigilance sur les mesures d’éloignement ne verra pas le jour en Pays Basque. Tout du moins pas pour le moment faute de combattants, mais non sans défaut de supporters.
C’est bien cela d’ailleurs le plus étonnant dans cette histoire ! En effet bon nombre d’encouragements ont été adressés à la Cimade pour mettre en place un collectif unitaire. Nous remercions au passage toutes les organisations qui nous ont attribué cette légitimité et cette confiance.
Conscient des difficultés politiques et de la réalité locale, dans un soucis de cohérence et de cohésion, nous avons tenté de définir quelques points d’action acceptables par tous . Il semblerait que nous n’y soyons pas parvenus. Pourtant lors de cette recherche commune de notre champ d’intervention, les quelques propositions faites semblaient convenir à la plupart des organisations présentes.
Pourquoi alors cet acquiescement n’a-t-il pas été suivi d’effet par une implication concrète ?
Peut-être les propositions faites ne convenaient finalement pas malgré les apparences ?
Peut-être certains n’ont pas donné de suite car sachant que telle ou telle organisation ferait partir du collectif ...grave erreur car du coup ni les uns ni les autres ne sont présents !
Peut-être parce que le droit des étrangers est une matière trop complexe ?
Peut-être le manque de temps de par les investissements militants de chacun sur d’autres terrains ?
Peut-être que la défense des étrangers n’arrive toujours pas à dépasser le stade de l’émotionnel (légitime) pour se traduire en véritable action de résistance à long terme ?
Peut-être la peur et l’ombre de la question basque, pourtant ici hors sujet ?
Peut-être faut-il se contenter de défendre quelques cas individuels de manière extrêmement ponctuelle ?
Comme vous le voyez les questions ne manquent pas, mais les réponses font cruellement défaut. Pour comprendre le décalage entre le voulu et le réalisé, des réponses semblent nécessaires. C’est pourquoi je vous invite à nous faire part de vos critiques de vos observations, des manquements etc. qui expliqueraient finalement votre non adhésion à ce projet.
Quoiqu’il en soit les urgences demeurent et le centre de rétention d’Hendaye ne désemplit pas. Le travail de soutien et de vigilance reste constant.
C’est pourquoi, la Cimade continuera de vous communiquer les dérapages de l’administration et de vous alerter sur des situations de renvois particulièrement insupportables.
Plus que jamais nous maintenons notre attention. Nous continuerons de vous informer par ce réseau d’alerte informel où chacun prendra sa responsabilité d’action ou non, mais en tout cas, en toute liberté et indépendance.
Pour la CIMADE Christophe Piedra