Diverses réponses sont avancées : le poids des mentalités, des habitudes, le pouvoir d’achat réduit, la commodité d’accès, la diversité de choix, l’occupation massive du champ médiatique par des campagnes de communication constantes, etc.
L’atelier a discuté également de la relocalisation de la vie économique et sociale, de pratiques économiques en circuits courts, de la garantie qu’offrent les acteurs du commerce équitable (comment un client peut-il être sur qu’il achète là un produit qui est bien équitable ?), de la nécessité d’une action commune des différents acteurs de la scène locale du commerce équitable, par exemple à l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable qui s’ouvrait en même temps que le Forum.
Finalement la discussion a montré l’ambiguïté volontaire du titre du film A nous de choisir : sans doute chacun a-t-il la possibilité de faire le choix du commerce équitable ou de pratiques de même ordre. Dans la vie quotidienne cependant, cette possibilité est en permanence escamotée par la puissance de communication publicitaire et de proposition matérielle du commerce dominant. Sans doute chacun d’entre nous peut-il "choisir" dans un sens ou dans l’autre, mais en pratique quel choix est-il le plus souvent fait ? C’est dire ici le rôle nécessaire des acteurs divers de l’économie équitable : personne ne fera le travail à leur place.
Le film de Suzanne Körösi A nous de choisir fait un panorama de diverses formes de pratiques économiques tranchant avec les pratiques dominantes :
la présentation d’une expérience de commerce équitable à échelle locale : des pratiques productives agricoles ménagères de l’environnement, une livraison à l’acheteur et consommateur final en circuit court
la présentation d’Artisans du Monde et de son action de promotion des valeurs et des pratiques du commerce équitable à l’échelle des relations Nord-Sud
la présentation de l’association Max Havelaar et de son activité de certification équitable de produits présents sur les bancs de la grande distribution, les avantages et les limites de ce choix.
la présentation du collectif "L’éthique-sur-l’étiquette" et de son action en faveur du commerce éthique. A la différence du commerce équitable, l’action du commerce éthique ne se situe pas directement dans le champ d’une pratique de vente : il s’agit de mener des campagnes d’opinion, de plaidoyer, pour obtenir des entreprises de la grande distribution, notamment de la grande distribution spécialisée (par exemple dans les articles de sport), qu’elles soient vigilantes en ce qui concerne les conditions de travail des salariés de leurs fournisseurs
la présentation de ce que peut être un tourisme équitable
la présentation d’une expérience de finance et d’épargne solidaires.